- ✓ Article 979 du Code général des impôts
- ✓ Objectif du législateur et protection du contribuable
- ✓ Différence avec l’ancien plafonnement de l’ISF
plafonnement IFI — Le plafonnement de l’IFI limite la charge fiscale totale d’un contribuable. Il combine l’impôt sur la fortune immobilière avec l’impôt sur le revenu pour éviter une fiscalité excessive. Concrètement, le système s’assure que vos impôts ne dépassent pas 75 % de vos revenus de l’année précédente.
Depuis 2018, le Code général des impôts encadre ce plafonnement de manière précise. L’administration fiscale en détaille les modalités d’application. Ce guide vous montre comment il fonctionne, comment le calculer et quels revenus sont pris en compte.
Fondement juridique du plafonnement de l’IFI
Le plafonnement de l’IFI s’appuie sur l’article 979 du Code général des impôts. Cette disposition a été introduite en 2018, lors de la transformation de l’ISF en IFI. Elle réduit le montant d’IFI dû quand le total de cet impôt et des impôts sur le revenu dépasse 75 % des revenus de l’année.
La doctrine administrative, publiée au BOFiP sous la base « PAT – IFI – Calcul de l’impôt – Plafonnement », détaille le calcul des impôts et revenus concernés. En pratique, ce plafonnement fonctionne comme un filet de sécurité fiscale.
Le législateur cherche à protéger les contribuables dont la charge d’IFI, ajoutée aux impôts sur les revenus de l’année précédente, deviendrait disproportionnée par rapport à leurs capacités contributives, en limitant cette charge à 75 % de leurs revenus mondiaux nets.
Formule de calcul du plafonnement de l’IFI

La formule de calcul du plafonnement de l’IFI figure à l’article 979 du CGI et dans la fiche « Calcul de l’IFI » sur impots.gouv.fr. Le mécanisme fonctionne ainsi : l’IFI ne peut pas faire monter le total IFI + impôts sur revenus au-delà de 75 % des revenus de l’année précédente. Quand ce seuil est dépassé, l’administration fiscale réduit l’IFI du montant excédentaire.
Le numérateur regroupe tous les impôts : l’IFI avant plafonnement, plus l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux et les contributions additionnelles dues en France ou à l’étranger sur les revenus de l’année précédente.
Revenus pris en compte dans le calcul du plafonnement
Pour déterminer si le plafonnement de l’IFI s’applique, l’article 979 du CGI définit les « revenus » à retenir. Il s’agit des revenus mondiaux nets de frais professionnels de l’année précédente, diminués des seuls déficits catégoriels imputables selon l’article 156 du CGI. S’ajoutent à cette base certains revenus exonérés d’impôt sur le revenu et les produits soumis à un prélèvement libératoire.
Le calcul intègre d’abord les revenus soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cela comprend les traitements et salaires, les pensions et rentes imposables, les revenus fonciers, les bénéfices professionnels, ainsi que les autres catégories de revenus entrant dans la définition des revenus mondiaux nets retenus pour apprécier la limite de 75 %.
Conditions d’application et cas d’exclusion
Le plafonnement de l’IFI concerne uniquement les contribuables redevables de cet impôt. Un foyer est assujetti à l’IFI lorsque son patrimoine net taxable au 1er janvier dépasse le seuil fixé par la loi. Ce seuil s’apprécie sur les biens et droits immobiliers définis aux articles 964 et suivants du Code général des impôts. En dessous de ce seuil, aucune imposition à l’IFI n’est due. La question du plafonnement ne se pose donc pas. Le patrimoine taxable se calcule après déduction des dettes admises.
Le plafonnement ne s’applique pas systématiquement. Il faut d’abord disposer d’un impôt sur le revenu et d’autres impositions sur les revenus susceptibles, ajoutés à l’IFI, de dépasser 75 % des revenus mondiaux nets de l’année précédente. Lorsque ce cumul reste en deçà de ce pourcentage, aucun allégement n’est accordé.
Exemples concrets de calcul du plafonnement
Un redevable qui possède des immeubles locatifs encaisse des revenus fonciers élevés. Si ces loyers s’ajoutent à des salaires ou des pensions importants, le revenu total au sens de l’article 979 du CGI augmente. Cette hausse réduit les chances d’un plafonnement. À l’inverse, lorsque les loyers sont élevés mais que l’IFI et l’impôt sur le revenu restent sous 75 % de ces revenus, aucun allégement ne s’applique. Le plafonnement fonctionne surtout quand la fiscalité patrimoniale pèse lourd par rapport aux revenus encaissés.
La situation la plus délicate : un patrimoine immobilier important qui génère peu de revenus (résidences secondaires, terrains non bâtis, biens vacants). Dans ce cas, le cumul IFI + impôts sur les revenus peut rapidement atteindre ou dépasser 75 % des revenus mondiaux nets de l’année précédente. Le plafonnement vient alors réduire l’IFI à due concurrence de l’excédent, sans jamais créer de crédit d’impôt ni de restitution au profit du redevable.
Optimisation patrimoniale et plafonnement de l’IFI
Le plafonnement de l’IFI fonctionne d’abord en regard de votre situation globale. Entre le patrimoine immobilier déclaré et les revenus retenus au sens de l’article 979 du CGI, il existe une logique de cohérence. Un contribuable qui perçoit des loyers réguliers, des revenus professionnels ou des pensions supporte mieux l’IFI qu’un autre dont le patrimoine repose sur des biens peu productifs. Le code fiscal ne vous pousse pas à générer des revenus artificiellement ; il applique simplement une règle : quand l’IFI et les autres impôts atteignent ensemble 75 % de vos revenus retenus, le plafonnement vient réduire l’IFI jusqu’à ramener la charge fiscale globale à ce seuil.
Dans une stratégie d’optimisation patrimoniale, il est donc essentiel d’anticiper l’effet du plafonnement lorsque la structure de votre patrimoine immobilier crée un décalage important entre la valeur taxable et les revenus mondiaux nets. Une bonne connaissance de la limite de 75 % et des revenus à retenir permet de sécuriser votre situation et d’éviter une charge d’IFI excédant ce plafond légal.
Ressources pour Plafonnement de l’IFI : comment ça marche ?
- Impôts.gouv.fr : Site officiel des impôts français fournissant des informations complètes sur l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) et son plafonnement.
- Service-public.fr : Portail de l’administration française offrant des fiches pratiques sur la gestion de patrimoine et les dispositifs fiscaux liés à l’IFI.
- Conseil supérieur du notariat : Ressources sur la gestion de patrimoine, la succession et l’IFI, avec conseils de notaires.
Le plafonnement de l’IFI repose sur des règles précises, dont l’application dépend de la composition de votre patrimoine et de vos revenus. Les seuils, abattements et modalités de calcul évoluent régulièrement, comme le confirment les dernières mises à jour disponibles sur impots.gouv.fr ou le site officiel de l’administration française. Pour vérifier l’impact exact de ces dispositions sur votre situation, il est recommandé de consulter le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP) ou de vous rapprocher d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine. Ces professionnels pourront vous accompagner dans l’analyse de votre dossier en fonction des textes en vigueur et des éventuelles spécificités de
Questions fréquentes sur Plafonnement de l’IFI : comment ca marche ?
Quel est le taux exact du plafonnement de l’IFI en 2026 ?
Le taux exact du plafonnement de l’IFI en 2026 est de 75 % des revenus de l’année précédente. Ce seuil résulte de l’article 979 du CGI et de la présentation officielle de Service-Public.fr et d’impots.gouv.fr. Le mécanisme compare le total formé par l’IFI et les impôts dus en France et à l’étranger au titre des revenus et produits de l’année précédente à 75 % des revenus mondiaux nets de frais professionnels et revenus assimilés de la même année.
Comment sont comptabilisés les revenus fonciers dans le calcul du plafonnement ?
Les revenus fonciers sont retenus dans le calcul du plafonnement de l’IFI lorsqu’ils figurent parmi les revenus de l’année précédente pris en compte par l’article 979 du CGI. Ils entrent dans la base des revenus mondiaux nets de frais professionnels, après application des règles de détermination du revenu foncier imposable, et sont additionnés aux autres revenus pour apprécier la limite de 75 %.
Les plus-values immobilières entrent-elles dans le calcul du plafonnement de l’IFI ?
Les plus-values immobilières imposables à l’impôt sur le revenu entrent dans le champ des revenus pris en compte pour le plafonnement lorsqu’elles constituent des revenus ou produits de l’année précédente au sens de l’article 979 du CGI et de la doctrine administrative. En revanche, la qualification fiscale de certaines plus-values exonérées peut conduire à leur réintégration dans les revenus à retenir pour vérifier si le cumul des impôts dépasse 75 % des revenus mondiaux nets.
Peut-on demander le plafonnement de l’IFI après la date limite de déclaration ?
La demande de plafonnement peut être présentée après la date limite de déclaration, sous réserve de respecter les délais de réclamation prévus par le Livre des procédures fiscales. Le redevable peut alors demander la restitution de l’IFI indûment acquitté si les conditions du plafonnement sont réunies et si le total de l’IFI et des impôts sur les revenus excède 75 % des revenus de l’année précédente.
Le plafonnement de l’IFI s’applique-t-il automatiquement ou faut-il en faire la demande ?
Le plafonnement de l’IFI n’est pas automatique. Il doit être calculé et déclaré par le contribuable lors du dépôt de la déclaration d’IFI, avec les éléments permettant de justifier les impôts et revenus retenus. L’administration peut ensuite contrôler le bien-fondé du calcul. Si le redevable omet de faire valoir le plafonnement alors que le cumul IFI + impôts sur les revenus dépasse 75 % de ses revenus mondiaux nets, il peut présenter une réclamation dans les délais pour obtenir la réduction d’IFI correspondante.
Les revenus de capitaux mobiliers soumis au prélèvement forfaitaire unique sont-ils pris en compte ?
Les revenus de capitaux mobiliers soumis au prélèvement forfaitaire unique peuvent être pris en compte dans le calcul du plafonnement lorsqu’ils entrent dans la catégorie des produits soumis à prélèvement libératoire ou lorsqu’ils sont visés par l’article 979 du CGI. La doctrine administrative mentionne notamment les produits de placement et certains revenus de capitaux mobiliers qui s’ajoutent aux revenus mondiaux nets pour apprécier le seuil de 75 %.
Un contribuable non-résident peut-il bénéficier du plafonnement de l’IFI ?
Un contribuable non-résident peut, dans certains cas, être redevable de l’IFI sur ses seuls biens et droits immobiliers situés en France, mais le plafonnement visé par l’article 979 du CGI est réservé, selon la doctrine administrative et les commentaires d’impots.gouv.fr, aux redevables ayant leur domicile fiscal en France. Le mécanisme de limitation à 75 % s’apprécie alors sur la base des revenus mondiaux nets de frais professionnels de l’année précédente.
