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IFI et usufruit 2026 : qui est redevable de l’impôt ?

Ep Regen 287

  • ✓ Définition juridique de l’usufruit et ses attributs
  • ✓ Distinction entre usufruit légal et usufruit conventionnel
  • ✓ Durée et extinction de l’usufruit

IFI usufruit — L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) s’applique différemment selon que vous êtes usufruitier ou nu-propriétaire d’un bien. Lorsqu’un usufruit grève le bien, la question devient : qui déclare sa valeur et comment ? Les règles manquent souvent de clarté. Comprendre ces mécanismes fait la différence dans une transmission patrimoniale. Vous pouvez réduire votre charge fiscale en toute légalité. Nous vous expliquons le fonctionnement de l’usufruit, les règles d’imposition à l’IFI et les cas particuliers.

Concrètement, ces informations vous permettent d’ajuster votre stratégie selon que vous soyez usufruitier ou nu-propriétaire. En règle générale, le bien grevé d’usufruit est intégré dans le patrimoine de l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété. Cependant, certains démembrements d’origine légale entraînent une répartition de la base imposable entre usufruitier et nu-propriétaire selon des barèmes spécifiques.

📚 Guide complet : IFI

Le mécanisme de l’usufruit en droit français

En droit français, l’usufruit est défini par l’article 578 du Code civil comme le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, à charge d’en conserver la substance. L’usufruit et la nue-propriété forment ensemble la pleine propriété.

L’usufruitier bénéficie du droit d’usage et de jouissance du bien. Il peut habiter le logement, le louer ou percevoir ses revenus. Le nu-propriétaire conserve l’abusus, soit le droit de disposer juridiquement du bien, dans le respect des droits de l’usufruitier. Ce démembrement s’applique à tout type de bien immobilier : résidence principale, bien locatif, immeuble de rapport, etc.


Principe d’imposition à l’IFI en présence d’usufruit

Principe d'imposition à l'IFI en présence d'usufruit

💡 À retenir : L’usufruitier comme redevable de principe à l’IFI — Valorisation fiscale de l’usufruit selon le barème légal

Selon l’article 968 du Code général des impôts, un bien immobilier grevé d’usufruit est, sauf exception, imposable à l’IFI dans le patrimoine de l’usufruitier. Celui-ci intègre le bien pour sa valeur en pleine propriété, comme s’il en était propriétaire à 100 %. Le nu-propriétaire n’a alors rien à déclarer concernant ce bien.

Des exceptions existent lorsque le démembrement résulte de la loi. C’est le cas de certains usufruits légaux, notamment en matière successorale : la valeur du bien est alors répartie entre usufruitier et nu-propriétaire selon l’article 669 du Code général des impôts. Ce barème tient compte de l’âge de l’usufruitier au 1er janvier de l’année d’imposition. Chacun déclare la valeur fiscale de son propre droit, et non la pleine propriété.


Situations particulières modifiant la redevabilité de l’IFI

📋 Points clés : Usufruit du conjoint survivant et régime matrimonial · Démembrement issu d’une donation avec réserve d’usufruit

L’usufruit du conjoint survivant constitue le cas principal de répartition de l’IFI entre usufruitier et nu-propriétaire. Quand le conjoint opte pour l’usufruit de la totalité de la succession selon l’article 757 du Code civil, l’impôt se divise entre lui et les enfants nus-propriétaires. La valeur déclarée par chacun suit le barème de l’article 669 du CGI, basé sur l’âge de l’usufruitier au 1er janvier.

En revanche, un usufruit obtenu par donation au dernier vivant ou par testament, c’est-à-dire d’origine conventionnelle, produit un effet différent : en régime de droit commun de l’IFI, la valeur complète du bien est alors rattachée au patrimoine de l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire ne supporte pas l’IFI sur ce bien, sous réserve des exceptions prévues par les textes lorsque le démembrement est expressément assimilé à un démembrement légal pour l’IFI.


Comparaison fiscale entre usufruit et nue-propriété à l’IFI

Charges fiscales respectives de l’usufruitier et du nu-propriétaire

À l’IFI, l’usufruitier supporte, en principe, la charge fiscale lorsque le bien est grevé d’un usufruit d’origine conventionnelle (donation avec réserve d’usufruit, constitution d’usufruit par contrat, etc.). Dans ce cas, il déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété et l’intègre en totalité dans son patrimoine imposable. Le nu-propriétaire ne paie alors aucun impôt sur ce bien démembré.

La situation change lorsque le démembrement résulte de la loi. C’est notamment le cas de certains usufruits légaux du conjoint survivant. L’article 669 du CGI impose alors de répartir la base imposable entre usufruitier et nu-propriétaire, chacun déclarant la valeur fiscale de son droit et non la totalité de la pleine propriété. Sur le plan patrimonial, le démembrement reste un outil efficace : il permet de transmettre progressivement la propriété tout en modulant la charge d’IFI selon l’origine du démembrement.


Stratégies patrimoniales d’optimisation avec l’usufruit

💡 Conseil expert : Donation de la nue-propriété pour réduire l’assiette IFI

La donation de la nue-propriété permet de transmettre un bien tout en en conservant l’usage. C’est un montage courant en matière de patrimoine.

En droit commun de l’IFI, lorsque le bien est grevé d’un usufruit d’origine conventionnelle ou d’une réserve d’usufruit, il reste déclaré par l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété. La donation de la nue-propriété seule ne supprime donc pas l’imposition du bien chez ce dernier. Une exception existe : lorsque le démembrement relève d’un cas expressément prévu à l’article 968 du CGI (démembrement d’origine légale ou assimilé), chacun déclare la valeur de son droit selon le barème de l’article 669 du CGI.

La donation avec réserve d’usufruit illustre bien ce mécanisme. Les parents donnent la nue-propriété du bien à leurs enfants tout en conservant l’usufruit. Pour l’IFI, le bien reste, en principe, taxé chez les parents usufruitiers pour sa valeur en pleine propriété, sauf hypothèse particulière de démembrement assimilé à un démembrement légal par la loi fiscale.


Incidence de l’usufruit sur la transmission successorale

📌 À noter : Réintégration de l’usufruit dans la succession — Calcul des droits de succession en présence d’usufruit

Au décès de l’usufruitier, l’usufruit disparaît. La pleine propriété revient alors au nu-propriétaire selon l’article 617 du Code civil. Cette réunion n’entraîne pas de nouveaux droits de succession si la nue-propriété avait déjà été transmise correctement.

En revanche, le nu-propriétaire devient propriétaire complet du bien. Cela peut augmenter sa base taxable à l’IFI pour les années suivantes, dès lors que son patrimoine immobilier net dépasse le seuil de l’article 964 du CGI. Concrètement, tout dépend de l’origine du démembrement. Si le conjoint survivant disposait d’un usufruit légal, la réunion de l’usufruit et de la nue-propriété chez les héritiers peut modifier la répartition de la base imposable, chacun étant ensuite imposé à l’IFI en fonction de la valeur des biens qu’il détient en pleine propriété.

Ressources pour IFI et usufruit : qui paie l’impôt ?

  • Impots.gouv.fr : site officiel de l’administration fiscale, proposant des informations détaillées sur l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) et les modalités de paiement en fonction de la situation patrimoniale.
  • Service-public.fr : portail de l’administration française, fournissant des conseils pratiques sur la gestion de patrimoine et les règles relatives à l’usufruit et à la fiscalité applicable.
  • Notaires.fr : site des notaires de France, offrant des informations sur la transmission successorale et les implications fiscales de l’usufruit.

Les règles de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en présence d’un usufruit soulèvent des questions précises sur l’imposition des biens démembrés. Bien que ce guide éclaire les principes généraux — notamment l’imposition au nom de l’usufruitier pour la valeur en pleine propriété, conformément à l’article 968 du Code général des impôts —, chaque situation patrimoniale présente des particularités qui peuvent modifier l’application des textes. Pour vérifier l’étendue de vos obligations fiscales et sécuriser votre déclaration, consultez les sources officielles : le site service-public.fr, la documentation fiscale sur impots.gouv.fr ou le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). En cas de doute, un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pourra analyser votre cas dans le respect des dispositions légales en vigueur.

Questions fréquentes sur IFI et usufruit : qui paie l’impot ?

L’usufruitier doit-il déclarer la totalité de la valeur du bien à l’IFI ?

En principe, oui. Lorsque le bien immobilier est grevé d’un usufruit d’origine conventionnelle (donation avec réserve d’usufruit, usufruit constitué par contrat, testament, etc.), c’est l’usufruitier qui déclare ce bien à l’IFI pour sa valeur en pleine propriété, conformément à l’article 968 du CGI et aux commentaires administratifs. Le nu-propriétaire n’a alors aucune obligation déclarative pour ce bien. En revanche, lorsque le démembrement résulte d’une disposition légale entraînant l’application de l’article 669 du CGI, chacun déclare uniquement la valeur de son propre droit (usufruit ou nue-propriété), et non la totalité de la pleine propriété.

Le nu-propriétaire peut-il être imposé à l’IFI sur un bien démembré ?

Oui, mais seulement dans certains cas prévus par les textes. En règle générale, le nu-propriétaire n’est pas imposé à l’IFI sur le bien démembré lorsque le démembrement est d’origine conventionnelle, car l’usufruitier déclare la totalité de la valeur en pleine propriété. En revanche, lorsque le démembrement résulte d’une disposition légale expressément visée par l’article 968 du CGI, la base imposable est répartie selon le barème de l’article 669 du CGI et le nu-propriétaire devient imposable sur la valeur de son droit de nue-propriété.

Comment est calculée la valeur de l’usufruit pour l’assiette de l’IFI ?

La valeur de l’usufruit pour l’IFI suit le mécanisme de l’article 669 du CGI lorsque la loi prévoit une répartition de l’assiette entre usufruitier et nu-propriétaire. Pour un usufruit viager, la valorisation dépend de l’âge de l’usufruitier au 1er janvier de l’année d’imposition : le barème légal attribue une quotité de la valeur de la pleine propriété à l’usufruit et le complément à la nue-propriété. Pour un usufruit temporaire, la valeur est déterminée en pourcentage de la pleine propriété en fonction de la durée de l’usufruit, selon les règles prévues par l’article 669.

Que se passe-t-il en cas d’usufruit viager pour l’imposition à l’IFI ?

En principe, oui pour le traitement fiscal, mais pas toujours pour la déclaration de la pleine propriété. L’usufruit viager prend fin au décès de l’usufruitier, conformément à l’article 617 du Code civil. Tant qu’il existe et qu’il est d’origine conventionnelle, le bien est, sauf exception, déclaré à l’IFI par l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété, le nu-propriétaire n’étant pas imposé. Si l’usufruit viager résulte d’un démembrement d’origine légale visé à l’article 968 du CGI, la valeur est au contraire répartie entre usufruitier et nu-propriétaire d’après le barème de l’article 669, chacun déclarant uniquement la valeur de son droit.

L’usufruitier peut-il bénéficier de l’abattement de 30 % sur la résidence principale ?

Oui, si la résidence principale entre dans le champ de l’IFI chez l’usufruitier. La règle de l’abattement de 30 % s’applique à la résidence principale du contribuable à l’IFI lorsqu’elle est détenue en pleine propriété ou dans des conditions assimilées. En présence d’un usufruit, lorsque le bien est taxable à l’IFI dans le patrimoine de l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété, celui-ci peut, sous réserve du respect des conditions générales, bénéficier de l’abattement de 30 % sur la valeur de cette résidence principale.

Un usufruit temporaire de 10 ans modifie-t-il les règles d’imposition à l’IFI ?

Un usufruit temporaire de 10 ans peut modifier la logique de valorisation, mais pas le principe de fond. Lorsque le démembrement ne relève pas d’une exception légale et qu’il est d’origine conventionnelle, l’usufruitier reste en principe imposé à l’IFI sur la valeur en pleine propriété du bien, quelle que soit la durée de l’usufruit, dès lors que l’article 968 du CGI impose d’intégrer le bien pour sa valeur en pleine propriété dans son patrimoine. Si l’usufruit temporaire est rattaché à un cas où la loi prévoit une répartition de la base taxable (application de l’article 669 du CGI), la valeur de l’usufruit est alors calculée en pourcentage de la pleine propriété en fonction de la durée et chaque titulaire déclare uniquement son droit.

Quelles sont les obligations déclaratives de l’usufruitier et du nu-propriétaire à l’IFI ?

L’usufruitier doit déclarer le bien dans sa propre déclaration d’IFI lorsque le bien grevé d’usufruit lui est fiscalement attribué pour sa valeur en pleine propriété en application de l’article 968 du CGI (démembrement d’origine conventionnelle ou assimilé). Le nu-propriétaire ne le déclare pas dans ce cas. Si le démembrement relève d’une exception légale expressément prévue par les textes, la valeur de la pleine propriété est ventilée entre usufruit et nue-propriété selon l’article 669 du CGI et chacun doit déclarer la valeur de son droit dans sa propre déclaration d’IFI.