IFI

Nue-propriété et IFI : qui est redevable en 2026 ?

Nue-propriété et IFI : qui est redevable en 2026 ?

  • ✓ Définition juridique du démembrement : usufruit et nue-propriété
  • ✓ Règles d’assiette de l’IFI pour les biens démembrés
  • ✓ Répartition de la valeur imposable entre usufruitier et nu-propriétaire

IFI nue-propriété imposable — L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) s’applique différemment selon le type de propriété. Quand un bien est démembré entre usufruit et nue-propriété, l’administration fiscale détermine qui paie et sur quelle valeur. Cette distinction importe particulièrement pour les donations avec réserve d’usufruit ou les achats en nue-propriété.

Les règles varient selon que vous êtes usufruitier ou nu-propriétaire. Le Code général des impôts et la doctrine administrative définissent vos obligations précises. En pratique, le démembrement affecte directement votre impôt : ce guide vous indique qui est imposable et comment.

📚 Guide complet : IFI

Principe du démembrement de propriété face à l’IFI

Le démembrement de propriété est la scission de la pleine propriété en deux droits distincts. D’un côté, l’usufruit permet de jouir du bien : l’occuper ou percevoir ses revenus. De l’autre, la nue-propriété confère le droit de disposer du bien à terme. L’usufruitier gère donc le bien au quotidien, tandis que le nu-propriétaire attend la fin de l’usufruit pour récupérer la pleine propriété.

Pour l’IFI, la règle est simple. L’article 968 du Code général des impôts impose que les biens grevés d’usufruit figurent au patrimoine de l’usufruitier pour leur valeur complète. Cela vaut pour les démembrements conventionnels ou issus de donations. Concrètement, l’usufruitier déclare le bien à sa valeur totale, comme s’il le possédait en entier. Le nu-propriétaire, lui, n’intègre pas ce bien dans son assiette IFI tant que le démembrement persiste.


Qui est imposable à l’IFI lors d’un démembrement ?

Qui est imposable à l'IFI lors d'un démembrement ?

💡 À retenir : Imposition exclusive de l’usufruitier : principe général — Cas particuliers où le nu-propriétaire peut être concerné

Pour l’IFI, l’usufruitier supporte seul l’imposition. L’article 968 du CGI prévoit que le bien immobilier grevé d’usufruit entre dans le patrimoine de l’usufruitier pour sa valeur entière. La doctrine administrative (BOI-PAT-IFI-20-20-30-10) confirme cette règle pour les usufruits conventionnels ou consentis lors d’une donation. Le nu-propriétaire n’est donc généralement pas redevable de l’IFI.

Des situations particulières créent toutefois une répartition entre usufruitier et nu-propriétaire. Lorsque l’usufruit découle de la loi, notamment pour les droits du conjoint survivant selon le Code civil, chacun déclare la valeur de son droit. Le barème de l’article 669 du CGI fixe cette répartition selon l’âge de l’usufruitier au 1er janvier de l’année d’imposition. En pratique, chaque titulaire intègre son droit dans son patrimoine IFI selon cette valeur calculée.

Le quasi-usufruit et l’usufruit successif demandent une vigilance accrue. Le quasi-usufruit porte généralement sur des sommes ou des valeurs mobilières. Il échappe à l’IFI quand l’actif n’est pas immobilier. Si le quasi-usufruit concerne un droit immobilier relevant de l’IFI, l’usufruitier reste imposable sur sa valeur. Pour l’usufruit successif, chaque usufruitier paie l’IFI sur son usufruit tant que le droit existe. Les usufruits légaux restent soumis aux règles spécifiques de la loi.


Donation en nue-propriété et conséquences fiscales IFI

📋 Points clés : Mécanisme de la donation avec réserve d’usufruit · Sortie du patrimoine imposable du donateur

La donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit permet de transmettre un bien immobilier en deux étapes. Un parent donne la nue-propriété à un enfant mais conserve l’usufruit. Il continue à habiter le bien ou à percevoir les loyers. L’enfant devient automatiquement plein propriétaire à la fin de l’usufruit, sans frais supplémentaires.

Sur le plan de l’IFI, le donateur usufruitier reste seul imposable sur la valeur complète du bien. L’enfant, nu-propriétaire, n’inscrit pas le bien à sa déclaration IFI tant que l’usufruit existe. La charge fiscale se déplace vers celui qui jouit du bien, pas vers celui qui attend sa propriété complète.

Concrètement, cette technique ne fait pas sortir le bien du patrimoine taxable de la famille. Elle change simplement qui le déclare à l’IFI chaque année.

À l’extinction de l’usufruit, le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans taxation supplémentaire. Il doit alors inscrire le bien dans son patrimoine taxable à l’IFI. Si le bien est vendu avant cette date ou si le démembrement change de structure, il faut réévaluer qui détient le droit imposable.

Pour adapter cette stratégie à votre situation, consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine.


Impact du démembrement sur les successions soumises à l’IFI

Transmission de la nue-propriété et extinction de l’usufruit au décès

Le démembrement de propriété intervient fréquemment dans les successions et affecte directement l’IFI. Quand un bien est transmis en nue-propriété par donation avant le décès, avec réserve d’usufruit au profit du futur défunt, le décès de l’usufruitier entraîne l’extinction de l’usufruit. La pleine propriété se reconstitue automatiquement entre les mains du nu-propriétaire. Sur le plan civil, cette reconstitution ne constitue pas une nouvelle mutation à titre gratuit.

Fiscalement, l’article 1133 du CGI précise que l’extinction de l’usufruit réservé par le donateur échappe aux droits de mutation par décès. Les droits ont déjà été acquittés lors de la donation de la nue-propriété. L’IFI, en revanche, fonctionne différemment. Jusqu’au décès, l’usufruitier déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété, selon l’article 968 du CGI. À partir de l’année suivant celle du décès, le nu-propriétaire devenu plein propriétaire intègre la totalité de la valeur du bien dans son patrimoine imposable à l’IFI, si son actif net immobilier dépasse le seuil d’assujettissement.

En pratique, ces mécanismes orientent les stratégies de transmission. La donation préalable de la nue-propriété fige la base taxable aux droits de donation. L’article 669 du CGI permet d’évaluer usufruit et nue-propriété selon l’âge du donateur. Pour l’IFI, le démembrement concentre temporairement l’imposition sur l’usufruitier, ce qui peut s’aligner avec la répartition des revenus et du patrimoine au sein de la famille. Une fois la pleine propriété reconstituée entre les mains de l’héritier ou du donataire, celui-ci supporte l’IFI sur la valeur entière du bien. Cette imposition s’ajoute aux droits de succession ou de donation déjà acquittés au titre de la transmission antérieure.


Comparaison entre IFI et autres impositions pour biens démembrés

💡 Conseil expert : Différences entre IFI et impôt sur le revenu foncier en démembrement

Le démembrement produit des effets différents selon l’impôt concerné.

Pour l’impôt sur le revenu foncier, la situation est claire : les loyers sont imposés entre les mains de l’usufruitier, qui les perçoit et les déclare dans la catégorie des revenus fonciers. Le nu-propriétaire, lui, n’est pas imposé sur ces loyers. Il ne peut pas non plus pratiquer de charges.

À l’IFI, le bien démembré suit une logique différente. En application de l’article 968 du CGI et des commentaires BOFiP, le bien est intégralement rattaché au patrimoine de l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire n’a rien à déclarer, sauf dans les cas particuliers d’usufruits légaux.

Les droits de mutation à titre gratuit obéissent à une règle autre. Lors d’une donation de nue-propriété, les droits se calculent sur la seule valeur de la nue-propriété. Cette valeur est déterminée par le barème de l’article 669 du CGI, qui tient compte de l’âge de l’usufruitier. L’IFI, en revanche, ne retient pas cette clé de répartition. Il se concentre sur celui qui dispose de la jouissance du bien.

Concrètement, le démembrement se distingue d’autres structures comme la pleine propriété, l’indivision ou la société civile. La donation de nue-propriété ou l’achat en nue-propriété permettent de dissocier deux éléments : l’assiette des droits de donation ou de succession d’un côté, l’assiette de l’IFI de l’autre. Ce mécanisme peut créer une meilleure adéquation entre la charge fiscale et la répartition des revenus au sein du patrimoine familial.

Pour votre situation, un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine saura vous guider.


Cas pratiques et exemples concrets d’imposition IFI

📌 À noter : Exemple d’une résidence principale démembrée et calcul IFI — Cas d’un portefeuille immobilier avec plusieurs démembrements

Les cas pratiques montrent comment l’IFI s’applique quand un bien est démembré. Prenons d’abord une résidence principale partagée entre un parent (usufruitier) et un enfant (nu-propriétaire).

Le parent déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété à l’IFI, selon l’article 968 du CGI. S’il occupe réellement le logement, il peut bénéficier de l’abattement de résidence principale. L’enfant, en tant que nu-propriétaire, n’inclut pas ce bien dans son patrimoine taxable.

Considérons maintenant un portefeuille immobilier avec plusieurs biens. Certains appartiennent en pleine propriété, d’autres sont grevés d’usufruit ou détenus uniquement en nue-propriété. La déclaration varie selon la situation.

Les biens en pleine propriété figurent pour leur valeur nette. Les biens démembrés reviennent au patrimoine de l’usufruitier, qui en additionne les valeurs à son assiette IFI. Ces mêmes biens ne comptent pas dans le patrimoine des nus-propriétaires, sauf cas spécifiques d’usufruits légaux détaillés dans le Code général des impôts et le BOFiP.

Dernier exemple : une donation en nue-propriété sur dix ans. Pendant toute la durée de l’usufruit, le donateur reste imposable sur la valeur totale du bien. Quand l’usufruit prend fin, la pleine propriété revient au donataire, qui doit alors déclarer sa valeur complète à l’IFI. Cette obligation commence l’année suivant la réunion des droits, si le seuil d’assujettissement est atteint.

Ressources pour IFI et nue-propriété : qui est imposable ?

  • impots.gouv.fr : site officiel de l’administration fiscale française, proposant des informations détaillées sur l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) et les règles relatives à la déclaration de la nue-propriété.
  • service-public.fr : portail officiel de l’administration française, fournissant des guides sur la gestion de patrimoine et la transmission successorale, incluant des données sur l’IFI et ses modalités d’imposition.

Les règles d’imposition à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en présence d’une nue-propriété reposent sur des critères précis, définis par le Code général des impôts et interprétés par la doctrine administrative. Pour éviter toute erreur d’appréciation, il est essentiel de vérifier votre situation au regard des textes en vigueur, disponibles sur service-public.fr, impots.gouv.fr ou dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). En cas de doute sur l’évaluation d’un bien ou l’application des abattements, un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pourra vous accompagner dans l’analyse de votre patrimoine et des obligations déclaratives qui en découlent.

Questions fréquentes sur IFI et nue-propriete : qui est imposable ?

Le nu-propriétaire doit-il déclarer la nue-propriété dans sa déclaration IFI ?

Pour l’IFI, la règle générale est posée par l’article 968 du Code général des impôts et commentée par le BOFiP (BOI-PAT-IFI-20-20-30-10). Lorsqu’un bien immobilier est démembré, il est en principe retenu pour sa valeur en pleine propriété dans le patrimoine de l’usufruitier. Le nu-propriétaire ne doit pas déclarer la nue-propriété dans sa déclaration IFI et ne supporte aucune imposition à ce titre, tant que l’usufruit existe. Cette règle connaît toutefois des exceptions, notamment en présence de certains usufruits légaux, par exemple ceux résultant de dispositions particulières du Code civil pour le conjoint survivant, où une répartition entre usufruitier et nu-propriétaire peut être admise.

Comment est calculée la valeur de l’usufruit pour l’assiette de l’IFI ?

La valeur de l’usufruit et de la nue-propriété est déterminée, dans les situations où une répartition est nécessaire, au moyen du barème de l’article 669 du Code général des impôts. Ce barème évalue la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété en fonction de l’âge de l’usufruitier au 1er janvier de l’année d’imposition. Plus l’usufruitier est âgé, plus la valeur fiscale de son usufruit diminue et celle de la nue-propriété augmente. Ce mode de calcul est notamment utilisé pour les droits de mutation à titre gratuit et, en matière d’IFI, pour certains usufruits d’origine légale lorsque l’administration admet une taxation séparée de chaque droit réel immobilier.

Une donation en nue-propriété permet-elle de réduire immédiatement l’IFI du donateur ?

Une donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit n’entraîne pas en elle-même une baisse immédiate de l’IFI du donateur, si celui-ci conserve l’usufruit. En effet, en vertu de l’article 968 du CGI et des commentaires de la doctrine administrative, le bien démembré reste compris dans le patrimoine IFI de l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété. Le donataire, nu-propriétaire, n’intègre pas ce bien dans sa propre assiette IFI tant que l’usufruit subsiste. Le démembrement modifie donc la répartition de la propriété civile et des droits futurs, ainsi que la base des droits de donation, mais ne réduit pas la valeur prise en compte pour l’IFI chez l’usufruitier qui conserve la jouissance du bien.

Que se passe-t-il fiscalement au décès de l’usufruitier pour l’IFI du nu-propriétaire ?

Au décès de l’usufruitier qui avait conservé un usufruit viager après une donation de la nue-propriété, l’usufruit s’éteint et la pleine propriété se reconstitue automatiquement chez le nu-propriétaire. Sur le plan des droits de mutation, l’article 1133 du CGI précise que cette réunion de l’usufruit à la nue-propriété ne donne pas ouverture à de nouveaux droits. Du point de vue de l’IFI, la situation change à compter de l’année suivant le décès : le nu-propriétaire, devenu plein propriétaire, doit alors intégrer la valeur en pleine propriété du bien dans son patrimoine taxable, sous réserve d’atteindre le seuil d’assujettissement à l’IFI.

Le démembrement temporaire est-il traité différemment de l’usufruit viager pour l’IFI ?

Le régime de l’IFI distingue l’usufruit viager et certains usufruits temporaires, mais conserve le même principe de base : l’imposition repose sur l’usufruitier. Lorsque le démembrement est temporaire, par exemple consenti pour une durée fixe par convention, l’usufruitier reste redevable de l’IFI sur la valeur du bien pour la durée de son droit, dès lors que la substance de l’usufruit porte sur un actif immobilier entrant dans l’assiette de l’IFI. À l’expiration du terme, la pleine propriété se reconstitue chez le nu-propriétaire, qui devient alors imposable à l’IFI sur la valeur en pleine propriété, si son patrimoine immobilier net dépasse le seuil d’imposition.

Peut-on cumuler exonération de résidence principale et démembrement pour l’IFI ?

La résidence principale bénéficie, en matière d’IFI, d’un régime particulier lorsqu’elle est occupée par le redevable. Lorsque le bien est démembré et que l’usufruitier occupe effectivement le logement à titre de résidence principale, c’est en principe lui qui peut prétendre à l’abattement prévu par la législation de l’IFI, la valeur du bien étant intégrée dans son patrimoine pour sa valeur en pleine propriété conformément à l’article 968 du CGI. Le nu-propriétaire, qui ne détient qu’un droit différé sans jouissance, n’applique pas d’exonération liée à l’usage du bien, puisqu���il ne déclare pas ce bien à l’IFI tant que l’usufruit subsiste.

Quelles sont les obligations déclaratives spécifiques en cas de démembrement pour l’IFI ?

En présence d’un démembrement, le contribuable doit identifier précisément qui est redevable de l’IFI et pour quelle valeur. L’usufruitier, lorsqu’il est imposable selon l’article 968 du CGI, doit inclure dans sa déclaration la valeur en pleine propriété des biens grevés d’usufruit, en les mentionnant comme tels. Le nu-propriétaire n’a pas à déclarer ces biens, sauf dans les cas particuliers où la doctrine fiscale admet une taxation répartie, notamment pour certains usufruits légaux. Il convient également de conserver les actes notariés de démembrement, les évaluations et, le cas échéant, les calculs de valeurs issus de l’article 669 du CGI, afin de pouvoir justifier la répartition et les montants déclarés en cas de contrôle fiscal.