Démembrement & usufruit

Démembrement de propriété en succession : 5 stratégies 2026

Démembrement de propriété en succession : 5 stratégies 2026

  • ✓ Définition légale du démembrement de propriété selon le Code civil
  • ✓ Droits et prérogatives attachés à l usufruit successoral
  • ✓ Droits et limites du nu-propriétaire héritier
démembrement propriété succession — Le démembrement de propriété sépare l’usufruit (le droit d’utiliser un bien et de percevoir ses revenus) de la nue-propriété (le droit de le léguer). En succession, cette séparation permet d’organiser la transmission entre conjoint, partenaire de Pacs et enfants selon des besoins différents.

Cette structure offre plusieurs avantages. Elle adapte l’héritage aux situations de chacun. Elle réduit aussi la charge fiscale quand elle est bien construite.

En pratique, l’usufruit fonctionne avec une durée limitée, généralement la vie de l’usufruitier. La nue-propriété revient ensuite au nu-propriétaire. Les deux parts ont des valeurs fiscales différentes, ce qui détermine les droits de succession à payer.

Ce guide explique le fonctionnement de l’usufruit et de la nue-propriété. Il détaille comment ils sont évalués fiscalement. Il précise les droits de succession applicables et les obligations de chaque titulaire.

📚 Guide complet : Nue-propriété

Usufruit et nue-propriété : mécanismes juridiques du démembrement

Le démembrement de propriété divise la pleine propriété en plusieurs droits distincts. Selon l’article 544 du Code civil, la propriété permet de jouir et de disposer des choses de manière absolue, dans le respect des lois. Ce démembrement sépare le droit entre deux personnes : l’usufruitier qui a le droit d’usage et de percevoir les revenus, et le nu-propriétaire qui conserve le droit de disposer du bien. En succession, l’usufruit provient soit de la loi (usufruit légal du conjoint survivant par exemple), soit d’une volonté exprimée par testament ou donation. L’usufruit est généralement temporaire et disparaît au décès de l’usufruitier quand il est viager.

L’usufruit successoral permet à son titulaire de jouir du bien comme un propriétaire, à condition de maintenir sa substance. L’article 578 du Code civil le définit comme le droit de jouir d’une chose dont autrui est propriétaire, en conservant son état. L’usufruitier peut occuper personnellement un immeuble, le louer et encaisser les loyers. Il paie les charges courantes, l’entretien, la taxe foncière et l’impôt sur les revenus locatifs. En contrepartie, le nu-propriétaire peut vendre le bien, le donner ou l’apporter en société, sans nuire aux droits de l’usufruitier. Ses pouvoirs restent limités : il ne peut pas reprendre le bien pour l’habiter pendant la durée de l’usufruit, ni en changer l’usage sans accord.


Calcul de la valeur fiscale de l usufruit et de la nue-propriété

Calcul de la valeur fiscale de l usufruit et de la nue-propriété

💡 À retenir : Barème fiscal officiel 2026 selon l âge de l usufruitier — Application du barème lors de la déclaration de succession

La valeur fiscale de l’usufruit et de la nue-propriété est déterminée selon le barème légal de l’article 669 du Code général des impôts. Ce barème s’applique aux droits d’enregistrement et aux droits de succession, pour les donations comme pour les successions.

Pour un usufruit viager, la répartition dépend de l’âge de l’usufruitier. Avant 21 ans, l’usufruit représente 90 % de la valeur en pleine propriété. Après 91 ans, il n’en représente que 10 %. La nue-propriété constitue le reste. Entre ces deux extrêmes, le pourcentage diminue progressivement avec l’âge.

Concrètement, lors d’une succession, chaque droit est évalué en appliquant le pourcentage correspondant à l’âge de l’usufruitier à la valeur vénale du bien. Cette valeur reste figée à la date de la transmission, indépendamment de la valeur réelle du bien au moment de l’extinction de l’usufruit. L’héritier usufruitier paie des droits sur l’usufruit. Le nu-propriétaire paie des droits sur la nue-propriété.

Pour un usufruit temporaire, le calcul change. La valeur de l’usufruit est fixée à 23 % de la pleine propriété par période entière de dix ans, sans dépasser 100 % de cette valeur. Ce mode s’applique quand l’usufruit est expressément limité dans le temps par un acte de donation ou un testament.


Droits de succession sur l usufruit et la nue-propriété

📋 Points clés : Assiette taxable pour le nu-propriétaire héritier · Imposition différée lors de l extinction de l usufruit

Lorsqu’une succession comprend un démembrement de propriété, les droits de succession s’appliquent séparément à l’usufruit et à la nue-propriété. Ces valeurs sont évaluées selon le barème de l’article 669 du CGI.

Pour le nu-propriétaire héritier, l’assiette taxable correspond à la valeur de la nue-propriété. Cette valeur est calculée à partir de la pleine propriété du bien au jour du décès. L’abattement successoral applicable dépend du lien de parenté avec le défunt. L’article 779 du CGI prévoit par exemple un abattement en ligne directe. Le même système s’applique pour l’usufruitier : sa base imposable repose sur la valeur fiscale de son usufruit.

Concrètement, l’extinction de l’usufruit au décès de l’usufruitier n’entraîne généralement pas une nouvelle imposition pour le nu-propriétaire. C’est ce que précise la doctrine administrative (BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50), dès lors que le démembrement provient d’une donation ou d’une succession régulièrement taxée. Le nu-propriétaire devient alors plein propriétaire sans droits supplémentaires sur la part d’usufruit. L’imposition a déjà eu lieu lors de la première transmission.

Des situations particulières existent néanmoins. Lorsque la nue-propriété a été acquise à titre onéreux auprès du défunt, l’article 1133 du CGI impose des règles spécifiques pour certains usufruits successifs. Les abattements et réductions restent liés à la qualité de l’héritier et au degré de parenté. Le démembrement lui-même n’ouvre pas de nouvel abattement, mais réduit l’assiette imposable en limitant les droits à la seule nue-propriété reçue.

En pratique, votre situation personnelle mérite l’avis d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine pour adapter ces règles à vos circonstances.


Obligations et responsabilités respectives de l usufruitier et du nu-propriétaire

Charges et réparations incombant à l usufruitier

Les obligations respectives de l’usufruitier et du nu-propriétaire sont définies par le Code civil. L’usufruitier doit dresser un inventaire des biens et un état des lieux avant de prendre possession du bien. Ces opérations restent à sa charge.

L’usufruitier assume les réparations d’entretien courant et les dépenses liées à l’usage du bien. Cela inclut les petites réparations, les taxes et impôts afférents à la jouissance. En pratique, il doit maintenir le bien en bon état sans modifier sa destination. Le Code civil précise qu’il n’est pas responsable des grosses réparations, sauf s’il les a négligées et causé ainsi le problème.

Le nu-propriétaire, en revanche, finance les gros travaux structurels. Il s’agit des murs porteurs, des charpentes, des couvertures complètes, des digues et des murs de clôture. Ces interventions majeures lui incombent, à moins qu’une clause du contrat n’en dispose autrement.

La gestion du bien démembré exige une entente minimale entre les deux parties. Les actes importants, comme la vente, l’hypothèque ou l’apport en société, nécessitent l’accord de l’usufruitier et du nu-propriétaire. Cette exigence reflète l’interdépendance de leurs droits.

En cas de désaccord, le tribunal peut intervenir pour autoriser certains actes ou constater un abus. Un recours en justice reste possible si l’usufruitier détériore gravement le bien. Consulter un avocat en amont aide souvent à prévenir les conflits durables et à clarifier les attentes de chacun.


Impact du démembrement sur la gestion immobilière du bien transmis

💡 Conseil expert : Décisions nécessitant l accord des deux parties

Le démembrement issu d’une succession modifie la gestion immobilière. L’usufruitier gère les actes courants : renouvellement d’un bail, travaux d’entretien, charges courantes. Pour les actes importants (vente, hypothèque, apport en société), l’usufruitier et le nu-propriétaire doivent s’accorder, car ces opérations affectent le bien lui-même. Le Code civil organise cette séparation entre usus, fructus et abusus.

Concrètement, l’usufruitier peut louer le bien démembré et percevoir les loyers. Il doit respecter la destination du bien et les droits du nu-propriétaire. Les revenus locatifs sont imposés chez l’usufruitier, qui détient le droit de jouissance. Le nu-propriétaire ne touche pas les loyers, mais peut intervenir si le bail engage le bien au-delà du terme habituel ou en change la destination.

La vente d’un bien démembré exige l’accord des deux parties. Le prix se répartit entre eux selon leur convention ou, à défaut, selon la valeur de leurs droits respectifs. Le barème de l’article 669 du CGI sert de référence. Les parties peuvent aussi réinvestir le prix dans un nouveau bien démembré pour préserver l’équilibre entre jouissance et capital.

Pour votre situation, consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine.


Comparaison entre démembrement et autres stratégies de transmission

📌 À noter : Démembrement versus donation en pleine propriété — Démembrement versus testament avec réserve d usufruit

Le démembrement de propriété fonctionne différemment de la donation en pleine propriété. Cette dernière transfère immédiatement tous les droits au donataire : le droit d’usage, celui de percevoir les revenus, et celui de disposer du bien. Le donataire devient plein propriétaire et assume toutes les charges et tous les impôts. Les droits de donation s’appliquent à la valeur totale du bien, après les abattements du Code général des impôts.

Le démembrement fonctionne autrement. Une donation ou succession en nue-propriété, avec usufruit réservé, réduit la base taxable. Seule la nue-propriété est imposée, évaluée selon l’article 669 du CGI. Concrètement, vous transmettez le capital tout en gardant les revenus du bien.

Un testament avec réserve d’usufruit produit un résultat proche. Le testateur lègue la nue-propriété en conservant l’usufruit jusqu’à son décès. Juridiquement, c’est similaire à une donation de nue-propriété avec usufruit réservé. La différence est majeure : la transmission ne se fait qu’au décès et suit les règles fiscales des successions. Le choix entre donation et testament dépend de vos objectifs. Souhaitez-vous anticiper la transmission ? Préférez-vous la différer au décès ?

Les avantages du démembrement varient selon votre situation familiale. En pratique, dans une famille avec conjoint et enfants, donner l’usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants protège le conjoint. La valeur taxable se fige pour les descendants. Les familles recomposées trouvent un intérêt particulier au démembrement. Il concilie les droits du nouveau conjoint avec ceux des enfants d’une première union. Attention : cette solution demande une rédaction minutieuse des clauses. Un désaccord ultérieur entre l’usufruitier et le nu-propriétaire peut bloquer la vente du bien.

Ressources pour Usufruit et nue-propriété en succession : le guide

  • Service Public : informations détaillées sur les règles de succession et les droits associés à l’usufruit et à la nue-propriété.
  • Impôts.gouv.fr : ressources sur les aspects fiscaux des donations et successions, y compris les abattements et les taux applicables.
  • Notaires de France : conseils pratiques sur la gestion de patrimoine et les implications juridiques de l’usufruit et de la nue-propriété.

Les règles de l’usufruit et de la nue-propriété en matière successorale reposent sur des dispositions précises du Code civil et du Code général des impôts. Bien que ce guide présente les principes généraux, chaque situation familiale et patrimoniale comporte des particularités qui peuvent en modifier l’application. Pour garantir la conformité de vos démarches et adapter ces mécanismes à votre contexte, il est essentiel de vérifier les textes officiels sur service-public.fr, impots.gouv.fr ou dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). En cas de doute ou pour une analyse personnalisée, consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine, seuls professionnels habilités à vous accompagner dans la mise en œuvre de ces dispositifs.

Questions fréquentes sur Usufruit et nue-propriete en succession : le guide

Peut-on vendre un bien en nue-propriété sans l accord de l usufruitier ?

La vente de la seule nue-propriété est juridiquement possible sans l’accord de l’usufruitier, dans la mesure où le nu-propriétaire dispose de l’abusus. En pratique, l’acquéreur achètera une nue-propriété grevée de l’usufruit existant, qu’il devra respecter jusqu’à son extinction. En revanche, le nu-propriétaire ne peut pas, par sa vente, porter atteinte aux droits de jouissance de l’usufruitier ni modifier la destination du bien. Si la vente porte sur la pleine propriété ou si l’opération a pour effet de remettre en cause la jouissance, l’accord de l’usufruitier est indispensable et un acte commun devant notaire sera nécessaire.

Comment se calcule la valeur de l usufruit si l usufruitier a 65 ans en 2026 ?

La valeur fiscale de l’usufruit viager se calcule en appliquant le barème de l’article 669 du Code général des impôts, qui dépend de l’âge de l’usufruitier au jour de la transmission. Ce barème est rappelé sur le site Service-public.fr et dans la documentation administrative BOFiP relative au démembrement. Pour un usufruitier âgé de 65 ans en 2026, il convient de se reporter au barème officiel en vigueur à cette date, disponible sur impots.gouv.fr ou legifrance.gouv.fr. Il est déconseillé de reconstituer ce barème de mémoire, même à titre indicatif, car toute erreur de pourcentage fausserait le calcul des droits de mutation.

Qui paie la taxe foncière sur un bien démembré en succession ?

Selon la fiche « En quoi consiste l’usufruit ? » de Service-public.fr et la répartition des charges prévue par le Code civil, la taxe foncière afférente à un bien immobilier grevé d’usufruit incombe en principe à l’usufruitier, en tant que titulaire de la jouissance. L’usufruitier supporte également, en pratique, la taxe d’habitation lorsqu’elle est due, ainsi que l’impôt sur le revenu relatif aux loyers perçus. Le nu-propriétaire n’est pas redevable de ces impôts liés à l’usage du bien, sauf clause particulière ou accord contraire entre les parties. Il conserve toutefois à sa charge les grosses réparations définies par l’article 606 du Code civil.

L extinction de l usufruit entraîne-t-elle de nouveaux droits de succession ?

Lorsque l’usufruit s’éteint du fait du décès de l’usufruitier, le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droits de mutation à titre gratuit supplémentaires, dès lors que le démembrement provient d’une succession ou d’une donation régulièrement taxée. Cette règle est rappelée par la doctrine administrative, notamment dans le BOFiP relatif au démembrement (BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50). L’extinction de l’usufruit ne constitue pas, en elle-même, une nouvelle transmission taxable. Des exceptions existent cependant, par exemple en présence d’usufruits successifs ou lorsque la nue-propriété a été acquise à titre onéreux auprès du défunt, cas régis par l’article 1133 du CGI.

Comment répartir les travaux entre usufruitier et nu-propriétaire héritier ?

Les articles 605 et 606 du Code civil organisent la répartition des travaux entre usufruitier et nu-propriétaire. L’usufruitier assume les réparations d’entretien et les dépenses courantes liées à l’usage du bien : rafraîchissement, petites réparations, entretien des équipements, ainsi que la plupart des charges de copropriété non liées au gros œuvre. Le nu-propriétaire prend en charge les grosses réparations, limitativement énumérées à l’article 606 du Code civil, telles que la réfection des gros murs, voûtes, poutres et couvertures entières, ou encore les murs de soutènement et de clôture. Une clause dans l’acte de donation ou le testament peut aménager cette répartition, sous réserve des règles impératives.

Le démembrement de propriété permet-il de réduire les droits de succession ?

Le démembrement de propriété ne crée pas d’abattement spécifique, mais agit sur la base imposable. En cas de transmission de la nue-propriété par succession ou donation, les droits sont calculés sur la seule valeur de la nue-propriété, évaluée en appliquant le barème de l’article 669 du CGI à la valeur de la pleine propriété. Cette réduction de l’assiette peut se révéler intéressante lorsque l’usufruitier est âgé, la nue-propriété représentant alors une part plus importante de la valeur. Néanmoins, les abattements applicables restent ceux liés au lien de parenté (par exemple en ligne directe selon l’article 779 du CGI) et au type d’opération, sans avantage automatique supplémentaire lié au démembrement.

Que devient l usufruit en cas de remariage de l usufruitier survivant ?

Le remariage de l’usufruitier survivant n’entraîne pas, en lui-même, l’extinction de l’usufruit issu d’une succession. L’usufruit accordé par la loi ou par une libéralité (donation entre époux, donation au dernier vivant, testament) est en principe viager, c’est-à-dire maintenu jusqu’au décès de l’usufruitier, sauf clause particulière prévoyant une extinction anticipée en cas de remariage. Le remariage peut toutefois avoir des conséquences patrimoniales indirectes, notamment en fonction du nouveau régime matrimonial choisi et des libéralités consenties au nouveau conjoint. Les nus-propriétaires conservent leurs droits et deviendront pleins propriétaires à l’extinction de l’usufruit, quelle que soit la situation matrimoniale ultérieure de l’usufruitier.